LES DÉBUTS : ENTRE PRUDENCE ET DOUTE
Au départ, cette relation à la nuit était tout sauf évidente. Ida avançait avec un faisceau lumineux trop faible, retenue par la crainte de voir sa batterie s’épuiser. En descente, surtout, le doute s’installait. Les appuis devenaient hésitants. Le rythme ralentissait. « Je me bridais », reconnaît-elle aujourd’hui. Le tournant arrive en 2024, lors d’une course nocturne. Ida se retrouve derrière un autre athlète, observant sa manière de descendre : rapide, fluide, presque audacieuse. Son faisceau est large, puissant, constant. Il éclaire le sentier avec une évidence rassurante. « J’ai essayé de rester dans sa lumière, de ne pas le laisser me distancer. » Un peu plus tard, dans la montée, il lui confie qu’il descend toujours de nuit avec la puissance maximale. Les descentes nocturnes sont devenues sa force.
Cette phrase s’ancre en elle. À partir de là, l’incertitude devient un projet. Ida ne cherche plus seulement à supporter la nuit, mais à la maîtriser. La lumière prend alors une place centrale — non comme un simple accessoire, mais comme un élément clé de la confiance. « Sans lumière, je perds mes repères. Le faisceau doit montrer le chemin, éclairer les balises, me permettre de courir vite et avec assurance, quel que soit le terrain. »